LF2

Lanfant a bien grandi

Par Jérémy Barbier|Il y a 1 jour
Itw   Pauline Lanfant
© Cyril Douyere / STB Féminin
De retour en Ligue Féminine 2 après deux saisons d’affirmation à l’étage inférieur, l’ailière Pauline Lanfant (22 ans, 1,75m) s’est muée en une redoutable scoreuse.

Lors de sa signature au Havre il y a trois ans, Pauline Lanfant était de ces jeunes au potentiel évident mais aux responsabilités cloisonnées. "Je jouais quinze minutes en moyenne, ce qui n’était pas rien, mais j’ai accepté l’idée qu’il fallait descendre d’un échelon pour gagner du temps de jeu et m’exprimer totalement." Bien que nécessaire, son départ de Mondeville fut tout sauf naturel pour celle qui n’avait été la joueuse que d’un seul club depuis ses premiers pas sur un terrain de basket. "Je ne connaissais que Mondeville depuis ma naissance. J’avais à cœur de réussir chez moi en marchant dans les pas de ma mère (NDLR : Caroline Lanfant) qui avait été professionnelle à l’USOM. J’ai essayé mais ça n’a pas été suffisant. C’était un vrai challenge de partir mais j’ai limité les risques en restant dans ma Normandie." Le choix du Havre, régulièrement classé dans le haut du tableau en NF1, n’était pas seulement une question de proximité géographique. "À 20 ans, je n’étais déjà plus dans un double projet. J’avais besoin d’une structure où m’entraîner deux fois par jour et d’un club qui nourrissait des ambitions." Dans une division où la différence de style de jeu malmena d’abord ses habitudes, Pauline Lanfant émergea progressivement de sa chrysalide. "J’ai compris que si je voulais retrouver la LF2, je devais me montrer. J’ai arrêté d’être cette joueuse qui redonne vite le ballon et file dans son corner en attendant de shooter. Et j’ai pu le faire sans jamais mettre de côté l’intérêt collectif."

Au-delà de développer son bagage individuel à l’étage inférieur, l’ailière s’est en effet imposée dès sa deuxième saison comme une leader capable de propulser sa formation en LF2. "Dès la montée acquise, j’ai eu à cœur de prouver que j’étais capable de tenir un rôle majeur dans cette division." Objectif atteint, avec la manière ! Option offensive n°1 des Havraises (14,0 points par match, 7e meilleure scoreuse de LF2), l’ancienne espoir de Mondeville fait désormais partie des basketteuses qui foulent le plus les parquets de l’antichambre (33 minutes en moyenne). L’ailière à tout faire (3,8 rebonds et 2,8 rebonds) profite de ce temps de jeu quasi illimité pour gagner en régularité, notamment derrière l’arc où sont tirées près de la moitié de ses munitions (5,7 shoots en moyenne, 28% de réussite). "J’ai le droit à l’erreur et un coach qui me laisse souvent carte blanche mais j’estime qu’il y a encore du déchet dans mon jeu. Je dois augmenter mon pourcentage." Pour compenser son adresse fluctuante, la Normande ne s’économise pas. "Je cours énormément", sourit-elle. "Je shoote et je drive mais je peux défendre fort." En lice pour le maintien à l’heure d’écrire ces lignes, la cheffe de fil des Havraises admettait que ses performances seraient réévaluées au regard des résultats collectifs. "Ma saison sera pleinement réussie si je contribue à maintenir l’équipe."

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